poème 1

 

 L'ALBATROS

Souvent, pour s'amuser, les hommes d'équipage
Prennent des albatros, vastes
oiseaux des mers,
Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
Le navire glissant sur les gouffres amers.

A peine les ont-ils déposés sur les planches,
Que ces rois de l'azur, maladroits et honteux,
Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
Comme des avirons traîner à côté d'eux.

Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule!
Lui, naguère si beau, qu'il est comique et laid!
L'un agace son bec avec un brûle-gueule,
L'autre mime, en boitant, l'infirme qui volait!

Le Poëte est semblable au prince des nuées
Qui hante la tempête et se rit de l'archer;
Exilé sur le sol au milieu des huées,
           Ses ailes de géant l'empêchent de marcher   

(les fleurs du mal.charles baudlaire.1821-67)     

                                                               

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Commentaires (1)

1. Frederick Hall 05/02/2007

un bouquet de fleurs pour Baudlaire

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